Camps de Tindouf

Il s’agit de 5 camps installés à partir de 1975-1976 dans une région désertique, aride au sud-ouest de l’Algérie, aux abords de la ville de Tindouf. La plupart des habitants de ces camps vivent dans des conditions très difficiles et demeurent fortement dépendants de l'aide humanitaire internationale.

Bien qu’en vertu des conventions internationales, la protection de ces populations devrait être assurée par les autorités algériennes, c’est le polisario qui, dans les faits, administre ces camps et y gère la justice, disposant pour cela de tribunaux et de prisons.

Dans un rapport daté de 2018, portant sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en Algérie, le Comité des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies exprime "ses préoccupations quant à la dévolution de facto [par l’Algérie] de ses pouvoirs, notamment juridictionnels, au Front Polisario et de ce qu’une telle position est contraire aux obligations de l’État partie selon lesquelles il doit respecter et garantir à tous les individus se trouvant sur son territoire les droits reconnus dans le Pacte. Il s’inquiète des allégations selon lesquelles les victimes de violations des dispositions du Pacte dans les camps de Tindouf ne disposent pas de ce fait d’un recours utile devant les tribunaux de l’État partie (art. 2)"[1].

En 2008, Human Rights Watch a déclaré dans un rapport : "Un aspect inquiétant de la situation des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf est l'isolement de la population et le manque de surveillance régulière sur le terrain des droits de l'Homme". Le rapport poursuit "L’Algérie a effectivement abdiqué sa responsabilité pour les violations des droits de l’Homme commises par le polisario sur le territoire algérien. C'est inadmissible : la communauté internationale doit tenir le gouvernement algérien, avec le polisario, pour responsables de toutes les violations du polisario commises en Algérie"[2].

Le nombre exact des habitants de ces camps est inconnu, étant donné que les Nations Unies n’ont jamais été en mesure d’y effectuer un recensement. En ont résulté des estimations contradictoires. Ainsi, bien qu’ayant évalué, sur la base de données fournies par le polisario, la population de ces camps à 173 600 personnes au 31 décembre 2017[3], dont 75% de personnes vulnérables[4], le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés estime la population en besoin d’aide à seulement 90 000 personnes[5].

En outre, les rapports successifs du Secrétaire général des Nations Unies soulignent les difficultés rencontrées par les agences humanitaires pour répondre aux besoins des habitants de ces camps, du fait de difficultés financières[6], accentuées par la crise du Covid-19[7]. Ces difficultés sont aggravées par le détournement de l’aide humanitaire internationale par le polisario, constaté par les organisations internationales[8].

 


[1] Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, Observations finales concernant le quatrième rapport périodique de l’Algérie (CCPR/C/DZA/CO/4), 17 août 2018, §9.

[2] Human Rights Watch, Human Rights in Western Sahara and in the Tindouf Refugee Camps, 2008, pp. 8-9.

[3] Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Sahrawi Refugees in Tindouf, Algeria: Total In‐Camp Population, mars 2018, p.5.

[4]Ibid. p.14.

[5] Rapports du Secrétaire général des Nations Unies adressés au Conseil de sécurité, S/2017/307 §61 et S/2018/277 §61.

[6] Voir, par exemple, les rapports du Secrétaire général des Nations Unies : S/2019/787 §85 et S/2018/277 §60.

[7] Rapports du Secrétaire général des Nations Unies S/2020/938 §86.

[8] Office européende lute antifraude (OLAF), Report embezzlement of the EU humanitarian aid fundsintended to the refugees in the camps of Tindouf, déclassifiéen 2015.