La fragmentation de la production générée par l’apparition des firmes multinationales à partir des années 50, a créé une nouvelle dynamique de l’économie mondiale, caractérisée, notamment, quelques décennies plus tard, par l’insertion à des degrés différents, de nombreux pays en développement dans les chaines de valeur mondiales . Certains parmi ces pays ont su en tirer avantage en termes de transferts de technologie, pour développer leurs propres industries, en valorisant soit des avantages comparatifs, soit certaines formes de spécialisation industrielle, soit les deux à la fois. 

Plus récemment, les mutations actuelles accentuées par les chocs extérieurs comme en témoignent le ralentissement économique qui a suivi la crise financière et économique de 2008 et celui lié à la crise de la " Covid-19 ", montrent que l'évolution globale des marchés et de la production internationale, s’oriente dans le sens :

  • d'une concentration accrue de la valeur ajoutée et d'une diminution des investissements internationaux ;
  • d’un " protectionnisme ", justifié notamment, par les nécessités de " souveraineté économique ", de " durabilité " et " d’inclusivité ", incitant au raccourcissement des chaines de valeur mondiales et au renforcement des chaines d'approvisionnement régionales et locales.


Le Maroc de par sa position géographique, sa proximité des grands marchés, ses avancées institutionnelles et son potentiel en termes d’infrastructures et de climat des affaires pourrait bénéficier de ces mutations et changements majeurs. 

C’est dans ce cadre que l’Institut royal des études stratégiques a lancé l’étude sur "L’avenir des métiers mondiaux du Maroc". Cette étude, réalisée selon une démarche prospective et une approche inclusive, a pour objectifs d’établir un diagnostic des six métiers mondiaux du Maroc, d’explorer leur avenir à l’échelle internationale et d’en cerner les enjeux pour le Royaume, d’identifier de nouvelles chaînes de valeur mondiales, auxquelles le Maroc pourrait s’y intégrer et de faire des propositions pour une montée en gamme dans ces métiers mondiaux. Elle s’inscrit dans le prolongement des travaux de l’IRES, depuis sa création, sur la compétitivité globale et de ceux, depuis 2014, sur le capital immatériel.