Compétitivité globale
 

Les études prospectives concernant le système mondial révèlent l’existence de grandes incertitudes sur la configuration du monde post-crise et dressent des scénarios très contrastés sur le nouveau paysage géopolitique en gestation. Néanmoins, la plupart des scénarios envisagés sont portés par deux tendances de fond : un déplacement sans précédent de la puissance économique de l’Ouest vers l’Est, présageant l’émergence de nouvelles puissances mondiales et une évolution vers un monde globalisé avec une influence accrue d’acteurs non-étatiques.

Le Maroc est d’autant concerné par ces transformations qu’il a fait de l’ouverture de son économie un choix stratégique. Depuis l’adhésion au GATT en 1987, l’ouverture de l’économie marocaine s’est poursuivie, à la faveur d’un processus graduel de libéralisation économique et commerciale, relayé par un maillage important d’accords de libre-échange et par une politique d’amélioration des composantes sectorielles de la compétitivité : infrastructures, transport, logistique...

En tenant compte des transformations structurelles à moyen et long terme, l’IRES a mené, à partir de 2009, des études dans le cadre du programme d’études "Compétitivité globale et positionnement du Maroc dans le système mondialisé" dans le but d’examiner l’état de la compétitivité du pays et de déterminer les forces et les faiblesses de son positionnement international.

L’objectif poursuivi est, également, de proposer des orientations stratégiques, à même de permettre au Maroc de développer ses avantages compétitifs sur des bases pérennes et de sécuriser l’édification de son projet de développement.

L’originalité de ce programme d’études réside dans le fait que la problématique de la compétitivité est abordée selon une approche globale et multidimensionnelle qui va au-delà des déterminants économiques et financiers. L’approche retenue est aussi d’ordre structurel, puisqu’elle vise à appréhender les évolutions à moyen et long terme de la compétitivité globale du Maroc et ne se contente pas de faire une analyse conjoncturelle de la situation du pays.

Huit rapports thématiques, répartis en deux composantes majeures ont été finalisés par l'IRES.

La première composante, qui est relative aux déterminants structurels de la compétitivité, notamment le capital humain, a concerné, également, l’analyse de l’option stratégique de l’économie verte.

La seconde composante a porté sur des études ayant trait à la dynamique des réformes, à savoir les incidences des réformes sur la compétitivité globale et la cohérence d’ensemble des accords de libre-échange, conclus par le Maroc.

Un rapport stratégique de synthèse a été élaboré fin 2012, faisant ressortir la quintessence des conclusions des études thématiques, complétée par une analyse prospective des tendances lourdes du contexte national et international en vue de dégager les scénarios d’évolution du Maroc, en termes de compétitivité globale et de suggérer des orientations de politiques publiques, à même de renforcer les capacités compétitives du Royaume au niveau interne et externe.

Parmi les orientations stratégiques proposées, figurent la révision du modèle de développement marocain et la recherche d'un meilleur positionnement du Maroc dans la mondialisation, en améliorant son statut de puissance attractive.

Outre la réalisation des deux composantes du programme sur la compétitivité globale, une étude complémentaire a été menée en 2014 sur l'industrialisation en tant que levier de transformation du profil de spécialisation de l'économie marocaine. Une étude exploratoire a été réalisée, en 2015, sur le système de comptabilité nationale et le niveau de prise en considération des mutations structurelles de l’économie nationale.


Etudes comp globale
Capital immatériel
 

 

 

Au niveau international, un intérêt croissant est porté à la mesure du capital immatériel, qui tire sa justification du fait que les économies sont de plus en plus immatérielles.

Sur le plan national, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI a demandé lors du Discours du Trône du 30 juillet 2014, à ce qu’une évaluation globale des réalisations menées par le Maroc, au cours des quinze dernières années, soit conduite en utilisant le concept du capital immatériel. Par cette Initiative Royale, le Maroc figure parmi les premiers pays qui ont fait le choix volontaire et délibéré de conduire une évaluation de leur richesse globale et immatérielle et de disposer de nouveaux outils pour piloter leurs politiques publiques.

Le capital immatériel constitue, en effet, un concept novateur. Complexe, ce concept n'est pas aisé à cerner, de par sa portée multidimensionnelle et la difficulté de sa mesure, à partir des données des systèmes de comptabilité traditionnels. Il a été introduit d'abord dans le domaine de l'entreprise ; ensuite, à l'échelle des pays grâce aux rapports élaborés par la Banque Mondiale et l'OCDE.

L’approche basée sur le concept du capital immatériel a le mérite d’offrir un cadre d’évaluation cohérent des politiques publiques, permettant de comprendre la dynamique de création de la richesse nationale, d’en identifier les ressorts internes et externes et d’optimiser, par ricochet, le processus de conception et de mise en œuvre des réformes et des programmes publics. Cette approche permet, aussi, de mettre en symbiose les dimensions internes et externes des choix stratégiques du pays, en rendant ces derniers complémentaires et interdépendants.

Disposant d'une compétence dans le domaine de l'analyse des concepts émergents, l'IRES s'est rapproché du cabinet Goodwill-management pour procéder, selon une approche collaborative, à l'évaluation de la richesse globale du Maroc et de son capital immatériel pour la période 1998-2013 et ce, selon :

  • La méthode de la Banque Mondiale, à laquelle, des correctifs ont été introduits afin de tenir compte des spécificités du Royaume.
  • La méthode dénommée "Thésaurus-Bercy-Territoires" qui est utilisée généralement pour évaluer le capital immatériel des entreprises et qui a été déclinée, récemment, sur le plan territorial.

Cette évaluation a fait l’objet d’un rapport exploratoire, réalisé par le cabinet Goodwill-management et remis à l’IRES, fin décembre 2014. Elle a été complétée par l’IRES par une analyse fine de l’évolution de chacune des composantes de la richesse globale et par la formulation de propositions de politiques publiques, relatives aux différentes dimensions du capital immatériel.

Le rapport stratégique, élaboré par l’IRES sur le capital immatériel en mai 2015, a mis en évidence les nœuds gordiens, auxquels les pouvoirs publics devraient s’intéresser, en priorité, afin de permettre au Maroc d’améliorer le bien-être de ses citoyens et d’accéder, à terme, au rang de pays émergents et a fait des propositions afin d’intégrer le concept de capital immatériel dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques. Dans le cadre de sa contribution à la vulgarisation du concept du capital immatériel, l’IRES a tenu plusieurs rencontres au siège de l’Institut et animé des conférences organisées par des institutions nationales autour de ce thème.


Etudes KI Copie small

 

Modèle de développement
 

 

 

S'inscrivant dans le prolongement de l’intérêt qu’il porte aux questions de la compétitivité globale et du capital immatériel et conformément aux Orientations du Discours Royal adressé au Parlement en octobre 2017, l'IRES a accordé un intérêt particulier à la réflexion sur la question du modèle de développement.

Ainsi, l’IRES a élaboré une étude sur "Le Maroc, futur pays émergent : quelle stratégie pour accélérer la transition du Maroc vers le statut du Maroc " et un rapport traitant de la question de l'emploi et de la création de valeur à l'échelle internationale. Ce rapport a eu pour objectif principal d'examiner les dimensions analytiques spécifiques, ayant ou pouvant avoir une influence sur la relation entre "emploi" et "création de valeur".

L'étude sur l'emploi et la création de valeur a mis en avant les composantes de la valeur, les évolutions structurelles et les enjeux, à l'horizon 2030-2050, inhérentes à la question de l'emploi et à celle de la création de valeur, les nouvelles aspirations qui vont influer sur les modalités d’exercice des activités, les nouveaux paradigmes et a identifié quelques scénarios se rapportant à la question de création de valeur et de l'emploi, tout en mettant l'accent sur les pays émergents, en particulier le Maroc.

La réflexion de l'IRES sur la question du modèle de développement a été couronnée par l'élaboration d'un rapport stratégique (Cf. Panorama du Maroc dans le monde, consacré aux enjeux systémiques mondiaux et leur prise en considération dans la mise en place d'un nouveau modèle de développement pour le Maroc. Un rapport qui tient compte de l'ensemble des conclusions des travaux de l'Institut sur le lien social, la compétitivité globale et le capital immatériel, le changement climatique et les relations internationales.

L'IRES a organisé, également, en 2019 deux conférences sur le modèle de développement. La première, en partenariat avec le Groupe Principal des Partenaires au Maroc, a eu pour objet d'apporter un regard croisé sur les enjeux et les défis que le Royaume se doit de relever et de faire des propositions qui permettraient d'aller de l'avant dans la mise en place d’un modèle de développement inclusif, compétitif et favorisant une véritable émergence du Maroc.

Les travaux de cette rencontre ont abouti à l'élaboration d'un rapport de synthèse  qui a tenté de reprendre les points de convergence constatés quant aux conclusions des réflexions menées, sur la question du modèle de développement, séparément par l’IRES et le Groupe Principal des Partenaires au Maroc, ainsi que les principales idées émanant des débats.

La deuxième conférence a été organisée, conjointement avec le Collège "Etudes stratégiques et développement économique", relevant de l'Académie Hassan II des Sciences et Techniques sous le thème : "Emploi et développement : pour des politiques publiques centrées sur l’emploi".

L'objectif de cette rencontre était de contribuer à la réflexion sur une question cruciale qui interpelle les décideurs dans l’ensemble des pays, particulièrement, ceux disposant d’une population jeune, souvent diplômée mais sans horizon professionnel clair et ce, dans un contexte d’émergence rapide de technologies disruptives parmi lesquelles figure la révolution numérique.

Publications :